Agents aux postes de contrôle au Mali : Des perceptions sans quittance en violation des lois !

22 Août 2023 | Sécurité

Les postes de contrôle au Mali font l’objet de critiques virulentes de la part des citoyens usagers des transports en commun. En effet, que ce soit à l’intérieur du pays ou aux frontières, les agents des forces de l’ordre refusent de reconnaître la validité de la fiche d’enrôlement individuelle de la carte Nina, un document d’identification nationale officiel. Pire encore, ils exigent le paiement de 1000 francs CFA sans délivrer de quittance en retour.

La carte Nina est un document officiel reconnu par les autorités compétentes pour l’identification des citoyens maliens. Son enregistrement est obligatoire et est censé garantir aux individus l’exercice de leurs droits et libertés sans entrave. Les agents aux postes de contrôle, en refusant de reconnaître la validité de la fiche d’enrôlement individuelle de la carte Nina, portent atteinte de manière flagrante aux droits des citoyens, nous confie un commissaire de police.

Peu de personnes s’expriment au sujet de ces abus commis par les agents des forces de l’ordre et de sécurité aux postes de contrôle le long des grands axes du pays. Cependant, la diffusion d’informations concernant les incidents aux postes de contrôle de Ségou et de San sur les réseaux sociaux a suscité de nombreuses réactions à travers tout le territoire national, à la fois à l’intérieur du pays et aux frontières.

On se souvient des témoignages bouleversants en 2017 de Maliens expulsés d’Algérie, qui avaient traversé le Niger et le Burkina Faso pour arriver à la frontière malienne du côté de Koutiala. À ce moment-là, ils avaient été contraints de verser 1000 francs CFA chacun à la police des frontières. Dr. Abdramane Sylla était alors ministre des Maliens de l’Extérieur. Selon M. Berthé, « aux frontières ivoiriennes, nos agents rackettent nos concitoyens en leur demandant de payer 1000 ou 2000 francs, même s’ils ont des pièces d’identité en règle. C’est la chose la plus injuste que j’ai jamais vue. Les Maliens, avec leurs pièces d’identité valides, sont forcés de payer pour entrer et sortir de leur propre pays », a-t-il conforté la version des maliens expulsés d’Algérie en 2017, qui revenaient à la maison les mains vides.

Selon M. Sidibé, « la plupart des fiches individuelles sont fausses et je sais de quoi je parle. Soyons honnêtes, lors de l’examen des dossiers pour le concours des sapeurs-pompiers, de nombreux dossiers ont été rejetés pour falsification de la fiche individuelle Nina. Ne rejetons pas tout sur nos forces de sécurité, la population et l’État ont aussi leur part de responsabilité. Exiger un paiement avec quittance est un droit. »

Cette situation est particulièrement préoccupante, car elle témoigne du non-respect des procédures légales et d’un détournement flagrant de fonds. Sans quittance, les citoyens n’ont aucune garantie quant à la destination de ces fonds. Les citoyens ont le droit de savoir où va leur argent et de demander une gestion transparente des fonds collectés par les forces de l’ordre dans ces postes stratégiques. Face à cette situation alarmante, il est impératif que les autorités compétentes prennent des mesures urgentes pour mettre fin à ces pratiques douteuses.

Il est nécessaire de sensibiliser les agents des postes de contrôle aux procédures légales en matière d’identification des citoyens et de les rappeler à l’ordre concernant leur comportement envers les citoyens maliens en déplacement. De plus, il est crucial de renforcer la supervision et le contrôle de ces postes de contrôle afin de prévenir toute forme de corruption ou de collecte illégale d’argent. Une collaboration étroite entre les forces de l’ordre, les autorités locales et la société civile peut contribuer à une nette amélioration de la situation.

Gabriel Djawuro Tiénou

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