Alliance des États du Sahel (AES) : La locomotive devenue le maillon faible

12 Mar 2024 | Politique

Au cœur du Sahel, l’Alliance des États du Sahel (AES) devait incarner l’espoir d’une région unie, prospère et sécurisée. Inspiré par le Mali et ses voisins, le Burkina Faso et le Niger, ce projet ambitieux semblait promettre un avenir meilleur. Cependant, les récents soubresauts politiques au Mali ont transformé la locomotive de l’initiative en un maillon faible, mettant en péril tout le processus.

Les événements récents, scrutés attentivement par les observateurs politiques et les citoyens maliens, ont jeté une ombre sombre sur l’avenir de l’Alliance. Sur le plan socio-économique, les sanctions imposées au Mali par la CEDEAO, jugées illégales et inhumaines par certains, ont porté un coup sévère aux activités économiques du pays. De plus, la crise énergétique sans précédent aggrave la situation déjà précaire. Les Maliens, malgré leur volonté de soutenir la transition, ne voient aucune issue à leur souffrance, exacerbant ainsi les tensions sociales.

Dans ce contexte tendu, la communication gouvernementale semble défaillante, laissant la porte ouverte aux interprétations et aux critiques acerbes. Le manque de coordination et de professionnalisme dans ce domaine alimente le sentiment de désillusion chez les Maliens, déjà accablés par une multitude de défis.

Sur le plan politique, la transition peine à trouver sa voie, plongeant le pays dans une impasse. La montée en puissance du Dr. Choguel Kokalla Maïga, leader du Mouvement du 5 juin, Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP), à la primature, a alimenté les dissensions internes et affaibli davantage la cohésion politique. Les luttes de pouvoir ont pris le pas sur les véritables enjeux de gouvernance, menaçant ainsi l’avenir même de la transition.

Dans ce contexte d’incertitude, l’Alliance des États du Sahel est confrontée à un sérieux défi. Le Mali, en tant que pilier de ce projet régional, se trouve désormais dans une position fragile, mettant en doute la viabilité de l’ensemble de l’initiative. Pour les partenaires burkinabè et nigériens, cette instabilité politique au Mali peut-être source d’inquiétude, compromettant ainsi la poursuite des objectifs communs dans la région du Liptako-Gourma.

Il est impératif de dissiper ce brouillard de doute et de réaffirmer l’engagement envers le projet de l’Alliance des États du Sahel. Le Mali doit retrouver sa position de leader et garantir la continuité de cette vision commune. Seule une volonté politique sincère et un engagement ferme peuvent redonner confiance aux partenaires régionaux et assurer la pérennité de l’initiative.

Djawuro Gabriel

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