Docteur Oumar Mariko sur la situation de Kidal

16 Nov 2023 | Politique

J’ai de tout temps prôné le dialogue, la justice sociale comme mode de résolution de la crise malienne qui est la conséquence de la gestion désastreuse d’un système politique installé il y a plus de trente ans que notre peuple n’a pas réussi à briser malgré ses différentes insurrections. Ces insurrections ont toujours été récupérées par des politiciens véreux du même système. Je me suis toujours opposé à la sous-traitance de la violence publique, aux milices de l’intérieur ( Brigades d’autodéfense) comme celles étrangères (Wagner). J’ai toujours déploré et je continue de déplorer ces morts de populations civiles, de soldats et des groupes armés sur l’autel d’une soi-disant lutte de souveraineté ou pour des confessions religieuses, car en définitive ce sont des Maliens qui s’entretuent mettant dangereusement en cause la cohésion sociale et l’unité nationale. Cette situation dite de Kidal ne peut être pour moi ni objet de réjouissance ni de fierté, encore moins une occasion de manifestation de dignité ou d’honneur perdus. La focalisation sur Kidal rentre dans la série de la grosse manipulation politique d’une clique de prédateurs évoluant de père en fils, qui n’a cure des souffrances des populations meurtries. La situation de Kidal, de toute cette rébellion pose la problématique de la construction d’une nation qui ne se décrète pas et qui ne se forge pas à l’épée ou aux détonations des chars de combat. Elle doit être débattue et malgré les difficultés rencontrées par la première République sur l’édification de la nation, elle a su élaborer une devise: Un Peuple, Un But, Une Foi qui exige de l’Etat, l’instauration du débat pour la construction d’un Etat-nation qui exercice le monopole de la violence sur son espace. Cette prérogative de l’Etat ne peut être sous-traitée aux milices d’autodéfense et aux mercenaires étrangers qui sont la négation de l’Etat National Démocratique et Populaire dont le Mali a besoin dans la phase actuelle de son existence. Par conséquent, la construction d’une nation est un projet sur le long terme qui nécessite des sacrifices énormes faits de concession, de rigueur sur soi sur le plan politique, économique, social et culturel. Je ne souscris donc en aucun cas sous quelque prétexte que ce soit à cette violence musclée sur Kidal des forces étrangères sous l’autorité de la junte et de ses soutiens politiques. Déplacer les problèmes ou créer des problèmes pour donner l’illusion d’en résoudre est la méthode de gestion préférée de ce système inique de prédation qui continue hélas sous cette Transition au Mali. La suite des évènements ? C’est la guerre continue, l’insécurité et la paupérisation continues, l’incertitude du lendemain, pour les soldats engagés au front, les populations civiles et les groupes subissant des attaques régulières. Ce n’est ni un vœu ni un souhait mais une crainte pour laquelle je nourris le secret désir d’avoir tort. Et que faire? Plus que jamais s’impose l’Unité des forces politiques pour: • La paix par le dialogue, la justice sociale. • L’Unité et la Cohésion sociale. • Le respect des Libertés fondamentales d’expression et d’opinion.

Dr Oumar Mariko Ex député

Chevalier de l’Ordre national

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