Dragage dans la Falémé au Mali : un désastre écologique et humain !

22 Juin 2023 | Environnement

Le dragage de la Falémé, un affluent du Fleuve Sénégal situé à la frontière entre la Guinée, le Sénégal et le Mali, a de graves conséquences sur l’environnement et les populations locales. S’étendant sur plus de 650 kilomètres au Mali, la Falémé est une source vitale d’eau et de poissons pour les villages riverains. Cependant, le désastre écologique et humain causé par le dragage et l’utilisation de produits chimiques et malgré l’interdiction de l’orpaillage par drague au Mali par le code minier, le gouvernement n’affiche aucune volonté répressive contre ceux qui sèment cette désolation environnementale.

Selon un article publié par Malizine le 8 janvier 2019, plus de 1000 dragues sont utilisées sur le fleuve, avec une utilisation généralisée de mercure et même de cyanure. Il est important de souligner que la plupart des personnes impliquées dans cette pratique meurtrière et illicite sont de nationalité Burkinabè, Guinéenne et Chinoise qui utilisent des moyens considérables. Selon Aliou Diallo, Président de l’Association de Wassa Ton, cité par le journal LE COMBAT dans sa parution du 30 novembre 2020, la Falémé est victime d’une exploitation illégale qui ne respecte aucune réglementation. Les activités de dragage sont principalement menées par environ 200 Chinois et 500 Mossis dans la région.

Bembéré, une plateforme de blogueurs du Mali, a souligné dans sa publication du 21 octobre 2020 que plus de 50 sites d’extraction d’or par dragage sont en activité à Kéniéba, notamment le long de la Falémé dans les communes de Faraba et Faléa. Les populations de ces localités subissent une vie difficile en raison de la pollution de l’eau. Sur les douze communes du cercle de Kéniéba, six sont touchées, et le risque d’une catastrophe environnementale est imminent.

Une enquête de l’Institut d’Étude de Sécurité (ISS), menée par Fahiraman Rodrigue Koné et Nadia Adam et publiée le 7 juillet 2021, révèle que le gouvernement malien estime que 33,3 tonnes de mercure introduites illégalement dans le pays chaque année. La majorité de cette quantité, soit 28 tonnes, est utilisée dans les sites d’orpaillage à Kayes. Le mercure est facilement accessible dans la région, coûtant entre 1216 et 1848 francs CFA pour 10 grammes. Ce produit chimique est extrêmement nuisible pour le fleuve, la faune et la flore, et la pollution affecte également la nappe phréatique, entraînant une détérioration environnementale significative.

Les impacts de l’exploitation minière dans le lit de la Falémé sont dévastateurs. La pollution de l’eau rend celle-ci inutilisable pour les besoins domestiques, l’abreuvement des animaux, l’agriculture et la vie aquatique. Les animaux sauvages sont également touchés, car ils ne peuvent plus s’abreuver dans cette source d’eau, qui est pourtant leur unique ressource pendant la saison sèche. De plus, la pratique du dragage entraîne la disparition de nombreuses espèces végétales essentielles à l’équilibre de l’écosystème.

La destruction des terres riveraines de la Falémé suscite la colère des écologistes et provoque des révoltes au sein des communautés qui dépendent de l’agriculture, de la pêche et de l’élevage. Des manifestations ont souvent éclaté pour protester contre ces activités destructrices. Malheureusement, malgré les opérations de déguerpissement sporadiques menées par les forces armées maliennes, l’assèchement du fleuve persiste en raison d’un dragage chaotique. Les gains financiers tirés de cette économie criminelle transnationale sont considérables, avec une vente de 18 tonnes de mercure équivalant à plus de 6 milliards 160 millions de francs CFA en 2019, selon l’ISS.

Il est crucial que les autorités maliennes prennent des mesures fermes pour mettre fin à cette exploitation minière illégale dans la Falémé. En dépit de l’adoption du nouveau code minier interdisant tout dragage dans les lits des fleuves et cours d’eaux aucune action réelle de répression n’a jusque-là été conduite. Alors que la sauvegarde de l’environnement, la préservation de la faune et de la flore, moyens de subsistance des communautés locales doivent être des priorités absolues. Une réglementation stricte, l’application de la loi et des sanctions appropriées sont nécessaires pour prévenir davantage de dommages environnementaux et pour assurer un avenir durable pour la région de Kayes.

Tyfa Sissoko

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