Esclavage par ascendance : Oumar Konaté lynché à mort à Nematoulaye

27 Mai 2024 | Société

Un nouveau drame lié à l’esclavage par ascendance s’est produit dans la région de Nioro du Sahel. Oumar Konaté, victime âgée de 34 ans, a succombé à ses blessures au CHU Gabriel Touré après avoir été lynché début mai 2024. Après avoir refusé d’admettre son statut d’esclave, il a été battu à mort par des personnes de son village, Nematoulaye, dans la commune de Korena, cercle de Nioro du Sahel. Son enterrement a eu lieu le 13 mai 2024 à Niamakoro Cité Unicef.

Évacué d’urgence sur Bamako au CHU Gabriel Touré le 6 mai 2024, Oumar Konaté avait d’abord été admis au centre de santé de référence de Nioro du Sahel après avoir subi une violente attaque. Il a succombé à ses blessures le 10 mai au CHU Gabriel Touré. Les membres de l’association Rassemblement Malien pour la Fraternité et le Progrès (RMFP-Gambana) et les centaines de déplacés internes installés à la Cité Unicef de Niamakoro l’ont enterré le lundi 13 mai 2024 au cimetière de Niamakoro.

Selon le témoignage de Yaya Konaté, frère aîné de la victime, tout est parti d’une dispute autour du mariage de son jeune frère, mariage que certaines personnes du village ont voulu empêcher en raison de leur statut d’esclave. Ce mariage avorté a été suivi par une contestation du projet de construction d’une bergerie, refusé par le chef du village en raison du statut d’esclave d’Oumar. « Notre refus de nous laisser assujettir a suscité beaucoup de tension avec le chef du village et le maire, qui se sont révélés solidaires à l’idée de nous maintenir comme esclaves. C’est sur le chemin de la construction de cette bergerie qu’une embuscade lui a été tendue pour l’abattre », a rappelé Yaya Konaté.

Mamadou Konaté, membre du RMFP-Gambana, a interpellé les plus hautes autorités de la transition, soulignant qu’Oumar Konaté est la 6ème victime dans la région de Nioro du Sahel, assassinée pour avoir refusé l’esclavage par ascendance. Dans la région de Kayes, à Lany, Djougou Sidibé avait été tuée, démembrée et mise en sac pour être jetée dans la brousse. À Bafoulabé, toujours dans la région de Kayes, une autre personne a été assassinée pour les mêmes raisons. Depuis 2019, plus de 2000 personnes ont trouvé refuge à Mambiri, où elles ont engagé des poursuites contre les personnes à l’origine de leur malheur. Depuis lors, aucune audition des présumés coupables n’a encore été faite, et les déplacés n’ont aucun espoir de voir leurs droits rétablis. « Le Mali Kura ne se fera pas sur l’impunité et la pratique de l’esclavage sur certains citoyens maliens », a martelé M. Konaté.

Djawuro Gabriel

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