Libation Collective (Djibon) à Soutadounou : Les mânes des ancêtres invités à frapper sans pitié ceux qui trahissent…

3 Juin 2024 | Société

Le dimanche 2 juin 2024, les associations culturelles et cultuelles Maâya Blon et Bwa Sacré, soutenues par des confréries initiatiques et des pratiquants du culte des ancêtres, ont organisé la traditionnelle libation collective (Djibon) à Soutadounou, Bamako. Cet événement avait pour objectif d’implorer les faveurs des mânes des ancêtres méritants et des génies tutélaires pour garantir une bonne pluviométrie, la paix, la cohésion sociale et l’abondance pour les Maliens. À cette occasion, le sacrificateur a également maudit les ennemis internes et externes du Mali.

La cérémonie a attiré des milliers de fidèles au sanctuaire de Soutadounou, avec des délégations venues de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, d’Abou Dabi, de France et de diverses régions du Mali, telles que Bèlèdougou, Djitoumou, Manden, Bwatun, Plateau-Dogon, sans oublier la forte mobilisation des kamites de Bamako. Aux côtés de Maâya Blon et Bwa Sacré se trouvaient les associations Donso Tonw, l’Union nationale des Doma du Mali, Fasu ni Blonda, Dana Ambassagou, la mouvance Kamite, l’Adjm, Djiguya Blon, Kama-Yelen, entre autres.

Les principales doléances lors de cette libation collective portaient sur les faveurs des génies tutélaires et des mânes des ancêtres pour une bonne pluviométrie, de bonnes récoltes, ainsi que la paix et la cohésion sociale entre les Maliens. Les entités spirituelles ont été sollicitées pour protéger les autorités de transition du Mali, du Burkina Faso et du Niger, en particulier les forces armées maliennes (FAMAS) et les Donso, qui luttent corps et âme pour défendre la patrie. Il a également été demandé aux entités suprêmes de s’occuper des ennemis internes et externes du Mali, de l’Alliance des États du Sahel (AES) et de l’Afrique noire, en frappant sans pitié ceux qui trahissent ou corrompent, nuisant à la paix sociale et au développement du Mali.

La cérémonie de sacrifice s’est terminée par des discours des responsables de Maâya Blon et Bwa Sacré, suivis d’interventions des associations partenaires ayant répondu à l’invitation.

Kôrèdjo-Missa Doumbia Blontigui de Maâya Blon, fier de la forte mobilisation, a rendu un vibrant hommage aux mânes des ancêtres et aux génies tutélaires pour avoir rendu cette journée mémorable. Il a exprimé le souhait que les autorités institutionnalisent cette date, comme cela a été fait au Burkina Faso avec le 15 mai. Blontigui a également invité les autorités à réfléchir à un nouveau nom pour le pays, remettant en question l’origine du nom « Mali » qu’il juge comme une conséquence de l’histoire falsifiée. Concernant le processus de refondation, il a assuré que les associations culturelles et cultuelles, comme Maâya Blon et Bwa Sacré, sont prêtes à contribuer aux réformes en cours, soulignant l’importance de connaître la fondation avant de parler de refondation. Il a exhorté la jeunesse à la sagesse pour éviter les pièges de la violence tendus par des ignares, aliénés à mourir qui s’en fichent éperdument de nos valeurs sociales maliennes et africaines.

Dabere D’aouo, au nom du Bwa Sacré, a exprimé sa gratitude et sa fierté devant le rassemblement au bord du fleuve Joliba à Soutadounou. « Cet événement sacré, où nous versons de l’eau en hommage à nos ancêtres, est un moment de communion et de recueillement qui transcende les générations et les frontières. Le fleuve Joliba, source de vie et de fertilité, a toujours été un témoin silencieux de notre histoire et de notre culture. Il symbolise la continuité et le renouveau, les liens inextricables qui nous unissent à nos ancêtres et aux générations futures », a-t-il rappelé.

Il a souligné que la libation, ce geste simple mais puissant, transcende les cultures africaines en invoquant la présence bienveillante des ancêtres pour leur sagesse, leur protection et leurs bénédictions. Il a également rappelé l’importance de la solidarité et de l’unité, appelant à la communauté, à l’entraide et à la fraternité. Dabere D’aouo a remercié les invités internationaux pour leur présence, témoignant de l’universalité des valeurs et de l’humanité commune.

Alors que l’eau était versée en hommage aux ancêtres, les participants ont médité sur les enseignements de résilience, de courage et d’amour légués par leurs ancêtres, espérant que cette eau sacrée purifie les cœurs, renforce les esprits et bénisse les chemins futurs.

Djawuro Tiénou

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