Mme Bouaré Bintou Founè Samaké présidente de Wildaf-Mali : « Nous constatons qu’en plus du harcèlement sexuel vient s’ajouter le harcèlement judiciaire… » 

29 Août 2023 | Justice

Le deuxième round du dossier de diffamation et harcèlement sexuel impliquant Chiaka Berthé, Sékou Diallo et la SOMILO contre Africable et complices Khadidiatou N’Diaye et Djènèbou Mariko s’ouvre en appel le 04 septembre 2023. Dans le cadre de son programme d’assistance et d’appui juridique et judiciaire aux femmes vulnérables et aux enfants victimes de graves violations de leurs droits ; les conseillers de Mme N’Diaye à savoir WILDAF-Mali et son avocat ont animé une conférence de presse ce mardi 29 août 2023 au centre Awa Kéita.

Créé le 03 Mars 1995, le WILDAF/Mali est un réseau panafricain de promotion et de protection des droits de la Femme en Afrique et au Mali. Wildaf-Mali s’est engagé à accompagner Madame Khadidiatou N’Diaye Ingénieur géologue se disant victime de harcèlement sexuel de licenciement abusif au sein de la Société Minière de Loulou (SOMILO).

En effet dans sa recherche des voies et moyens pour se faire entendre et être mise dans ses droits Khadidiatou a témoigné au cours de l’émission « Femmes capables » dont la présentatrice est Djènèbou Mariko sur les antennes d’Africable Télévision. Suite à ce témoignage, Africable Télévision a été poursuivie avec la présentatrice de l’émission et Khadidiatou N’Diaye comme complices par Chiaka Berthé, Sékou Diallo et la SOMILO pour diffamation. Le deux Février 2023, l’audience s’est tenue devant le tribunal de grande instance de la commune VI du District de Bamako.

Au cours de cette audience Khadidiatou est devenue l’épicentre du procès. Pendant neuf heures d’horloge Khadidiatou a été cuisinée par les avocats et les juges afin de la fléchir et la faire ridiculiser devant le public et les femmes venues en masse pour la soutenir. Cependant il est à noter que les plaignants ont brillé par leur absence. Le neuf Février 2023 le tribunal de grande instance de la commune VI a déclaré les prévenus non coupables et les a relaxé des fins de poursuite. Trois mois plus tard, les mêmes plaignants ont fait appel et l’affaire passera le 4 septembre 2023 devant la Cour d’appel de Bamako, a-t-elle rappelé la présidente de Wildaf-Mali Mme Bouaré Bintou Founè Samaké.

Il faut noter que les plaignants non satisfaits de la décision rendue par le tribunal de grande instance de la commune VI du District de Bamako ont réintroduit le 09 Mai 2023 une nouvelle plainte contre Khadidiatou seule pour les mêmes infractions devant ce même Tribunal de grande instance de la commune VI. Suite à cette nouvelle plainte Khadidiatou a été placée sous contrôle judiciaire depuis plus de trois mois. Cette situation montre à suffisance l’impartialité de la Justice. Khadidiatou est privée de son droit de circuler librement, bloquer dans ses activités de recherche d’emploi, s’indigne Mme Bouaré.

« Nous constatons qu’en plus du harcèlement sexuel vient s’ajouter le harcèlement judiciaire car chaque vendredi elle doit se présenter au Tribunal de la commune VI et signer un registre. Nous nous posons la question au nom de quoi elle a été placée sous contrôle judiciaire. Il faut noter que le tribunal du Travail de Bamako, qui a statué sur le dossier de licenciement abusif n’a prêté aucune attention à la décision rendue par le tribunal de grande instance de la commune VI et a débouté Khadidiatou de ses prétentions. Pire cette décision est truffée de contradictions et de déclaration sans aucun fondement », témoigne la présidente de Wildaf.

Les conseils de Khadidiatou ont couru pendant plus de deux mois pour voir le factum rédigé par le juge en charge du dossier. Tout ceci constitue une véritable source de blocage pour faire avancer ce dossier et empêcher Khadidiatou d’exercer pleinement ses droits à d’autres voies de recours.

Pour rappel le 25 Février 2022, le Président de la Transition, chef de l’Etat, Président du Conseil Supérieur de la magistrature a signé lettre sur la base du rapport de la Cellule Appui aux Services de Contrôle Administratif (CASCA) instruisant au 1er Ministre de prendre attache avec le Ministre des mines pour mettre Khadidiatou dans ses droits.

Le même 25 Février Khadidiatou a été suspendue de ses fonctions par SOMILO. Le 08 Mars 2022, Khadidiatou a été licenciée et le 31 mars ce licenciement lui a été signifié. « Nous nous offusquons du fait qu’une société aux standards internationaux telle que Barrick laisse l’une de ses filiales la SOMILO et ses cadres penser qu’ils peuvent bafouer l’Etat de droit, manipuler, l’Administration, et instrumentaliser la Justice », s’interroge l’ancien de la promotion de la femme de l’enfant et de la famille.

Toutefois, les nouvelles autorités politiques et judiciaires de la transition ont démontré toute leur détermination à en finir avec ces pratiques d’une autre époque que ces sociétés internationales ne se permettraient jamais de perpétrer chez elle au Canada ou dans d’autres pays occidentaux. Tout le monde a compris donc qu’il s’agit véritablement là du combat du pot de terre contre le pot de fer. « Mais nous nous battrons jusqu’au bout pour le triomphe de la vérité, du droit et de la justice », a-t-elle conclu la présidente de Wildaf.

Gabriel Djawuro TIENOU

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