Seydou Traoré à propos du Coup d’Etat au Gabon : « un recomptage des voix aurait suffi pour installer le gagnant légitime au pouvoir »

30 Août 2023 | Internationale

Le coup d’État au Gabon, s’il remet en question la Françafrique en tant que rupture constitutionnelle, pourrait être perçu comme une mesure sanitaire et bénéfique. Comme le coup d’État de mai 2021 au Mali, qui a mis fin au « parachèvement de la lutte du M5-RFP », le coup d’État du 18 août 2020 ne correspondait pas à cette définition selon moi, a rappelé l’ancien ministre Seydou Traoré.

Cela était évident par l’empressement initial de la France à l’approuver, avant de le condamner lorsque Assimi est devenu un acteur incontournable. Les intentions de la France pour reprendre le contrôle ont-elles échoué ? Seul Dieu et les cinq colonels peuvent répondre. Personnellement, je ne m’intéresse plus à cette question étant donné les développements en cours sous l’équipe de transition.

En Guinée voisine, la France semble s’adapter à la situation, et le Colonel, légionnaire français, semble prendre ses distances par rapport au Mali, au Burkina Faso et au Niger. Cependant, en Guinée, un pays qui forme avec le Mali les deux piliers du Mandé, le peuple reste vigilant. Rien ni personne ne pourra séparer ces deux pays, et ils doivent rester unis. Colonel Doumbouya, « i tilé fali kan ». L’engagement des États-Unis d’Afrique a besoin de vous !

Le cas du Tchad est sans commentaire ! Il ressemble à un exemple de néocolonialisme des années 1970-1980, semblable à ce qui s’est passé en Centrafrique. La France y a probablement ressenti un soulagement, mais il s’agit d’une situation complexe. Au Gabon, le Général Brice Clotaire, qui pourrait être comparé à un Brutus moderne, pourrait-il être en mission ? La France ne peut pas se permettre de perdre le contrôle sur le Gabon. Elle se battra ardemment pour éviter cela. Pour éviter toute propagation de la conscience éveillée de l’Afrique de l’Ouest, elle pourrait même avoir choisi d’agir de manière proactive. Ainsi, Brutus pourrait être en mission pour manipuler les opinions nationales et internationales.

Sinon, étant donné que les élections ont déjà eu lieu et que les résultats sont connus, pourquoi les militaires ne procèdent-ils pas simplement à un recomptage des voix pour installer le gagnant légitime au pouvoir ? Un coup d’État ne semble pas nécessaire ici, car l’opposition avait déjà exprimé son mécontentement face à la France. Craignant cette opposition, la France pourrait rétablir la situation et collaborer avec des éléments internes pour maintenir son influence. J’espère sincèrement m’être trompé.

Attendons et voyons !

Seydou Traoré

Ancien ministre du Mali (2002-2007)

Chevalier de l’Ordre National du Mali

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