Toute la civilisation est africaine

18 Avr 2023 | Culture et cinéma

Spécialiste des humanités classiques africaines, le Pr. Nioussèrê Kalala Omotundé a répondu à l’invitation de l’association 3rna Maaya pour donner une conférence sur l’apport scientifique de l’Afrique au reste du monde. Il s’agissait pour l’Afro-caribéen de faire comprendre le mouvement Kamite mondial en s’appuyant sur les preuves matérielles faisant de l’Afrique le berceau de la civilisation et de grandes avancées scientifiques et technologiques. Une équation qui déparasite les esprits africains et de la diaspora sous l’emprise occidentale et orientale.

La conférence s’est tenue le samedi 20 août au Mémorial Modibo Kéita, devant un public surexcité et impressionné devant la personne du Pr. Kalala dont bon nombre venait à sa rencontre pour la toute première fois.

Selon Dr. Fodé Moussa Sidibé, traditionnaliste convaincu, membre de 3rna Maaya, chasseur dozo, professeur de lettres à l’université de Bamako, « le Pr. Kalala Omotundé est, comme si de son vivant, on recevait Cheick Anta Diop au Mali, pour venir nous parler de l’Afrique ancienne des origines ». Et d’expliquer : « Ce qu’il faut connaître, c’est que Kalala Omotundé est un Guadeloupéen, un Africaniste convaincu et convainquant qui fait d’énormes émissions et de grandes conférences à travers le monde pour que les Africains qu’ils soient de la diaspora ou de l’Afrique noire parviennent à connaître leurs origines. Que leurs ascendants parviennent à se centrer sur ce qui est essentiel pour l’Africain aujourd’hui à savoir le retour à nos valeurs et à nos sources ».

«Je pense qu’il tombe si bien au Mali avec la nouvelle orientation du pouvoir ; nous sommes en train de mettre en place toutes les structures qui permettent au Mali de retourner à ses origines et valeurs ancestrales», a-t-il magnifié ainsi la présence du Pr. Omotundé au Mali.

À en croire le Pr. Kalala Omotundé, il s’agit de faire comprendre le mouvement Kamite mondial, de cette façon de penser en tant que centre de la matrice et centre du Mali. « C’est véritablement un travail très important. C’est pourquoi je sillonne le monde à la rencontre du monde panafricain, de cette jeunesse qui a besoin de donner du sens à son existence. Il est important de lui rappeler les valeurs fondatrices de notre civilisation », a lourdement insisté le Pr. Kalala.

S’agissant des différents thèmes abordés, le Pr. Kalala a mis l’accent sur l’avancée scientifique de l’Afrique mais aussi le Mali comme berceau de la civilisation qui a étonné la science mondiale. Les céramiques découvertes au Mali sont de 12 mille ans en avance sur les céramiques de Mésopotamie.

« Il faut savoir que l’Afrique, quand on regarde son histoire, déjà au niveau de la préhistoire, tout le monde est étonné de voir l’avancée scientifique, le nombre d’innovations et de découvertes. Il faut savoir que les découvertes qui ont été faites sur l’Afrique il y a 100 mille ou 80 mille ans sont les mêmes qui font fonctionner toute la modernité aujourd’hui », soutient le Pr. Omotundé.

En prenant pour exemple la pierre gravée de Blombos, la triangulation qui apparaît à 80 000 ans de l’ère ancienne africaine en Afrique du Sud, cette triangulation est celle qui a permis de faire le GPS. « Quand vous avez une carte sur laquelle vous mettez la triangulation de Blombos, vous avez le même chemin GPS. C’est très important de le comprendre.

C’est aussi la même chose quand vous prenez le code binaire informatique, que nous avons inventé il y a des milliers d’années. C’est ce code binaire qui permet de faire fonctionner les ordinateurs d’aujourd’hui. Le papier ou papyrus, c’est l’Afrique qui a inventé le support souple de l’écriture que le monde entier a adopté. Tout le monde sait que le support d’argile de la Mésopotamie est un système qui est mort quand on a commencé à traverser les océans par les bâtons», a-t-il révélé au public.

« L’Afrique ne se rend peut-être pas compte à quel point elle a diffusé ses connaissances à toutes les civilisations et toutes les civilisations ne vont que répéter ce que l’Afrique a déjà fait. Parce qu’avant, ils étaient nos élèves. Maintenant quand il faut restituer la vérité, l’historien et spécialiste occidental ruse avec la vérité. Il ment et cache des documents ; nous allons révéler des choses qu’il cache, ce qui fait que son discours scientifique est fondamentalement faux », témoigne le Pr. Omotundé.

Quant aux stratégies à mettre en place pour éviter la déperdition de nos valeurs coutumières ancestrales, le Pr. Kalala estime que c’est le fond de la réalité. «Lorsque nous regardons nos coutumes et traditions, nous ne voyons pas que c’est véritablement dans ces textes et traditions que se trouve la science moderne la plus avancée.

Quand vous prenez le texte de la genèse bamanan jusqu’à présent, les gens ne comprennent pas comment les Bamanan ont fait pour accéder à une vérité scientifique ou antique que les Occidentaux ont découverte en 1967. Puisque c’est à cette date qu’ils découvrent que le vide n’est pas vide. Or, n’oubliez pas que «Man galé» est le vide vivant ! Ça fait partie des choses qu’il ne faut pas oublier.

Vous avez des gens qui vont broder des réalités, alors que, nous, nous n’en avons pas besoin parce que la réalité scientifique est déjà exprimée dans le texte. Il faut cependant être un initié pour connaître certains domaines scientifiques permettant de comprendre la portée du texte», rappelle le Pr. Omotundé.

« Le tissu africain est une équation mathématique étudiée dans les grandes universités occidentales. La question qui se pose est de savoir pourquoi. En Afrique, le tissu n’est pas une discipline d’étude scientifique. Alors qu’on a déjà fait des algorithmes et des formules mathématiques du tissu africain. Cela voudrait dire qu’il y a un décalage entre la culture africaine qui est fondamentalement scientifique et la réalité dans nos écoles », s’indigne M. Omotundé.

Et de conclure sur cette conviction ferme et forte : « Toute la civilisation n’est qu’africaine. Parce que les Européens étaient des nomades, les Juifs, les Arabes étaient des nomades. Ils ne bâtissaient pas de villes et n’observaient pas le ciel. Puisqu’il faut un poste fixe pour réaliser de telles choses, alors que quand vous vous déplacez, vous n’avez pas de poste fixe. Vous ne pouvez pas découvrir le calendrier de 365 jours et un quart et de 12 mois. C’est une invention de l’Afrique ».

Djawuro Tiénou

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